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Combattre la pauvreté

 

La pauvreté revêt de nombreuses formes, souvent peu visibles.

Les familles qui y sont confrontées la vivent dans la plus grande discrétion. Elles n’osent pas avouer les fins de mois difficiles, les nombreuses renonciations, la gêne de recevoir de l’aide, si modeste soit-elle. Faire appel à l’aide sociale semble impossible, ou demande un effort trop grand. Il faudra remplir des papiers, répondre à des questions, être catalogué par les voisins.

Pourtant nous rencontrons chaque jour des familles qui connaissent de telles situations. Sans le savoir, peut-être même sans vouloir le voir !

Une campagne très à propos menée par Caritas et relayée en particulier par un grand distributeur nous présente des situations de réelle misère. Relevons en particulier le cas des familles où un ou les parents travaillent, mais dont les salaires ne suffisent pourtant pas à faire vivre une famille de cinq personnes, même avec les allocations familiales. C’est aussi le cas de trop nombreuses familles monoparentales pour lesquelles les salaires et même les pensions alimentaires sont inférieures au minimum vital

 

Quel est le risque de pauvreté pour les familles ?

En Suisse, malgré notre richesse apparente, quelque 250'000 parents et enfants vivent sous le seuil de pauvreté. A Delémont, en 2012, 202 contribuables avec 1 enfant déclaraient moins de 40'000.- CHF de revenu fiscal. Pour le même montant, on trouve 144 contribuables avec 2 enfants et 51 avec 3 enfants et plus. Par rapport à d’autres pays, la Suisse consacre peu de moyens au soutien des familles. Les dépenses helvétiques pour les familles et les enfants représentent le 1,3% du PIB, contre 3,4% en Suède. Le combat contre la pauvreté des familles est un investissement pour l’avenir. C’est le moyen de donner aux enfants une prise en charge stimulante, dès leur plus jeune âge pour leur permettre d’atteindre un niveau de formation suffisant pour garantir leur autonomie.

 

Comment combattre cette pauvreté ?

La solidarité existe déjà en Suisse, fort heureusement. Les Cartons du cœur, les épiceries et autres aides de Caritas apportent des compléments de revenu indispensables. Et ces institutions peuvent intervenir grâce à l’appui appréciable de la population.

L’Etat doit lui aussi intervenir. Un des moyens consiste à introduire des prestations complémentaires pour les familles. Cela a déjà été fait dans d’autres cantons et est recommandé par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CSIAS). Dans le canton du Jura, le PCSI a déposé en 2011 un postulat demandait l’introduction de telles prestations complémentaires. Ce postulat a été accepté par 51 voix contre 5. Malheureusement, rien n’a été fait, malgré les situations de pauvreté familiale toujours plus évidente. Une initiative cantonale reprend ce sujet demandant de manière plus impérative l’introduction de cet aide qui devrait permettre aux familles d’assumer pleinement leur fonction.

A l’entrée de l’hiver, en plus de notre contribution aux associations caritatives, apportons notre signature au bas de l’initiative demandant l’introduction des prestations complémentaires pour les familles.

Suzanne Maitre, députée PCSI

2017  PCSI  ©